C'est l'histoire d'une voix de femme démultipliée en choeur de femmes. 6 comédiennes/chanteuses incarnent cette femme/mère aux prises avec les absurdités de notre monde contemporain. Parfois seule, parfois toutes ensembles, elles nous renvoient les questions naïves que nous oublions de nous poser. Des questions essentielles à propos de notre façon de considérer l'eau, de considérer l'autre...
« Mais, les gens, où ils sont ? Personne dans les rues !
À vivre dans du verre en sont-ils transparents ? »
(...)
« comment vivre en ce monde où même le malheur
s’achète et se revend, est un bien qu’on exploite. »
(...)
« eau de joie, eau de vie, eau de lune montante,
à qui tu appartiens ? »
(...)
« Cette eau n’est plus de l’eau,
c’est du malheur dissous
c’est un cadavre d’eau,
son squelette, sa boue. »
(...)
« Or chaque chose ayant contrepartie coûtante,
Moi, me voici sans rien,
Où prendrais-je de quoi payer mon eau courante ? »
(...)
« Que l’eau manque à Nino, qui ne s’en lave les mains ? »
Elles sont comme une seule mère, mais toutes différentes, chacune avec ses peurs, ses convictions, ses étonnements, ses désirs. Ces différences font leur complémentarité. Quand l'une flanche, l'autre est là pour la relever. Quand toutes ont peur, les voisins musiciens sont là pour tenter de les rassurer. Partout sur cette planète, par toutes les époques, le chant et la musique sont venue à la rescousse des êtres humains. Cette fois ci encore.
La violence de la situation concentre une force étonnante, la force des rapports humains passionnés, démultipliée par la poésie du texte et par les chants des femmes. Mais cette violence n'empêche pas le rire, la tendresse, l'amitié, l'amour, dans tous les cas la solidarité entre eux, ressource nécessaire pour l'affronter, pour ne pas tomber dans une vision désespérante de l'humanité. L'espoir reste toujours présent dans ce qui se vit entre les êtres humains présents devant nous.
Nous recherchons l’équilibre entre l'histoire concrète simple et directe que chacun devra pourvoir appréhender et la vision allégorique, le lyrisme, la poésie du texte de Jean-Yves Picq. Son écriture rythmée, ciselée, incisive, porte en elle déjà ce mélange passionnant.
Sur scène, les comédiennes et les chanteuses entremêlent leur savoir-faire. Selon les passages, nous construisons en nous appuyant sur les compétences principales de chacune, mais en demandant à toutes de rester ouvertes aux savoir-faire très différents des unes et des autres dans cette équipe. La diversité des parcours des personnes présentes fera que chacune a autant à apporter qu'à recevoir.
Nous menons de front les deux enjeux de création théâtrale ET de création musicale, puisqu'une musique originale est composée pour l'occasion.
L'orchestre aussi prend part au jeu. Le choix des 5 musiciens et de leur instrument est aussi fait pour cela. La plupart ont déjà l'expérience du mélange théâtre–musique sur scène et chacun joue d'un instrument permettant d'être mobile sur la scène.
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